GRAND FORMAT : Jardins urbains cubains

A Cuba, l’embargo mis en place par les Etats-Unis en 1962 a complètement changé la structure économique du pays. Les cubains, qui importaient quasiment toute leur nourriture contre du tabac, du café et de la canne à sucre ont dû trouver des solutions rapides pour pallier au manque d’aliments. La situation de pénurie s’est dégradée jusqu’aux années 1990, dont les 10 années suivantes ont été les plus dures pour les cubains. On appelle cette période la “Période Spéciale”.

 

Les citadins ont commencé à produire leur propre nourriture en bas de leurs immeubles dans des jardins urbains qu’ils appellent organopónicos. Tout le monde participe, et tout le monde en profite. A la Havane, chaque quartier à son organopónico. Celui d’Alamar, fondé il y a une dizaine d’années est le plus grand de la ville !

 

C’est Madelaine Vázquez Gálvez, grande dame de l’agroécologie cubaine et coordinatrice du réseau Slow Food à Cuba qui nous raconte cette période et son contexte agricole :

 

Ca fait 11 ans qu’Andres travaille à l’organopónico Alamar, dans la ville de La Havane à Cuba. Il nous offre une visite de cet immense jardin urbain, qui fait travailler et nourrit une centaine d’habitants du quartier.

 

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L’embargo a créé une situation pénurique qui a favorisé l’innovation citoyenne. Il a aussi permis de stopper, de fait, les importations de produits chimiques destinés à l’agriculture (pesticides, engrais, semences modifiées). Les cubains ont dû apprendre à cultiver autrement, à combattre les maladies par des associations de cultures, à reproduire leurs propres semences, à produire des fertilisants naturels, bref à trouver des solutions agroécologiques !

 

Aujourd’hui, Andres est persuadé que c’est le bon chemin pour l’agriculture. Il nous donne sa vision des fertilisants chimiques :

“Le fertilisant chimique affecte les humains. Ca te donne un bon rendement agricole, mais ça nuit à ta santé. Ce sont des pièges”.

 

Pour lui, l’organopónico est la solution pour manger frais, sain et à moindre coût :

“C’est une initiative qui permet de donner à manger au voisinage. Ainsi les gens n’ont pas à tant voyager pour trouver de la nourriture. Ils n’ont pas à aller jusqu’à la Havane, Guanabacoa, ou Guanabo. Ils l’ont içi en bas de chez eux, frais et sain. Que ça soit frais, c’est très important pour les gens. On ne vend pas la nourriture à un prix exagéré. Par exemple la salade est à 3 ou 4 pesos, alors que là-bas… c’est plus cher.” 

 

Allez, on vous emmène en visite :

 

Avec la récente période d’ouverture cubaine, de plus en plus d’organopónicos ne sont plus cultivés. Fernando Funes Monzote, professeur-chercheur en agroécologie à l’université de la Havane, et aussi membre fondateur de la Finca Marta, une ferme agroécologique dans la région de Pinar del Río, nous explique que les organopónicos étaient une réponse citoyenne à une situation pénurique, mais qu’ils n’ont pas vocation à durer. Nous sommes partis à la rencontre de ceux qui tentent de faire réaliser aux cubains la chance qu’ils ont !

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